Yahoo! CV truqué
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Très peu de travaux ont été consacrés aux faux diplômes. Une étude récente de trois chercheurs de l'IREDU- CNRS et de l'INRA-ENESAD révèle que la fraude au diplôme a pris une ampleur nouvelle avec la globalisation de l'enseignement supérieur et le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Voici, en exclusivité, l'interview de l'un des auteurs, Tarik Lakhal, qui nous en présente les grandes lignes.
Quelle ampleur prend la fraude aux diplômes ?
Bien que des données fiables soient indisponibles pour des raisons évidentes, certains auteurs avancent que chaque « usine à diplômes » (« diploma mills ») engendrerait un chiffre d'affaires annuel estimé à plus de 20 millions de dollars. Le prix d'un faux diplôme varie de quelques dizaines d'euros à environ un millier. Cette fraude est essentiellement de deux types. Il y a la contrefaçon de vrais diplômes et la délivrance de diplômes non reconnus par des universités « virtuelles » bénéficiant d'accréditations douteuses. Les chercheurs évaluent à quelque trois cents les universités non accréditées par des organismes privés ou publics ayant une légitimité dans le milieu de l'éducation. Le risque de confusion avec les services proposés par l'enseignement à distance est par ailleurs important. Les « usines à diplômes » calquent leur offre sur ce qui se fait sur la toile. Il vous suffit de taper « fake diploma » ou « fake degrees » sur Google pour avoir un aperçu de l'ampleur du phénomène.
Comment s'explique-t-il ?
Plus le marché se globalise, plus le risque d'avoir de faux diplômes augmente". Mais c'est surtout l'essor des NTIC qui a rendu possible cette falsification à grande échelle. Certaines de ces sociétés peu scrupuleuses délocalisent leurs activités là où la législation est laxiste. Or, ce commerce crée un réel préjudice, économique et d'image, pour les institutions universitaires dont
les diplômes sont falsifiés et pour l'enseignement à distance qui se retrouve décrédibilisé.
Quelles sont les motivations des « consommateurs » de faux diplômes ?
Certains se font avoir en obtenant des diplômes qu'ils croient vrais à cause du travail (en général modeste) qui leur est demandé et/ou sous prétexte de valider leurs acquis. D'autres espèrent obtenir un statut social. Ils intègrent le club restreint et tant convoité des diplômés qui confère indéniablement des avantages. C'est aussi une satisfaction personnelle liée à l'estime de soi. D'aucuns utilisent ce moyen pour évoluer dans le cadre professionnel.
Quels pays sont les plus touchés ?
Les pays anglo-saxons, comme les États-Unis du fait de la taille de leur marché de l'éducation et de la langue commune. Le commerce des faux diplômes serait également important en Chine. Si le phénomène est difficilement quantifiable, des articles de presse, des universitaires pointent du doigt certaines infractions. Au Salvador, plusieurs dizaines de juges ont été destitués pour ne pas détenir les diplômes appropriés. En Europe, l'Italie a été confrontée à un scandale dans le secteur médical ; un nombre considérable de dentistes exerceraient illégalement. Quant à la France, je ne dispose pas d'informations, hormis quelques anecdotes. La taille de nos établissements contribue certainement à limiter les dérapages. Néanmoins, des cas de falsification de CV ont été dévoilés par des sociétés de recrutement. Il existe donc un marché pour les sociétés spécialisées dans la vérification des diplômes.
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